Œuvrons pour un accès équitable à la terre pour les femmes rurales

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Agricultrice Africaine

Aujourd’hui, nul ne peut ignorer le rôle que les femmes jouent dans la société. Elles sont au cœur de tout. La journée internationale de la femme est là pour en témoigner. Dans nos campagnes, les femmes sont présentes à la fois dans l’agriculture, le commerce et dans la transformation des produits agricoles. Elles perçoivent leur diversité des activités agricoles comme  une prévoyance économique faisant d’elle  des « avant-gardistes » permettant aux ménages ruraux de supporter les chocs économiques issus des sinistres tels que sécheresse, mauvaise récolte, inondation.

Hommes et femmes : accès inégal à la terre

Dans les milieux ruraux, les femmes travaillent sur des petites superficies alors que les hommes s’accaparent de l’ensemble des terres cultivables. Elles mettent en valeur souvent des terres de fertilités moyennes (des sols pauvres) puisse que les hommes sont maîtres des terres de fortes fertilités. Sur ces sols, les femmes mettent en place des cultures annuelles essentiellement des vivriers alors que les hommes arrivent à faire des spéculations pluriannuelles comme le palmier à huile, anacarderaies et autres.

Les hommes accèdent plus facilement à la terre selon des modes dont les droits apparaissent plus stables (c’est-à-dire qui durent dans le temps sans que l’espace concerné ne soit modifié) : c’est le cas de l’héritage (L’héritier est libre de planter des essences pérennes sur l’immeuble hérité. Il peut y installer d’autres personnes.) et de l’achat (un droit exercé par un acteur qui autorise l’aliénation du bien foncier). Par contre les femmes sont dans des stratégies d’accès à la terre peu sécurisantes, qui leur confèrent des droits fragiles et peu durables : cas de l’emprunt (le droit exercé par un acteur qui l’autorise à exploiter une parcelle sans contre partie financière avec une durée déterminée) et de la location (le droit exercé par un acteur qui l’autorise à exploiter une parcelle pour une durée déterminée moyennant une contrepartie financière).

La discrimination favorisée par nos traditions africaines

Dans notre société, plusieurs langages et lardages favorisent cette inégalité des femmes à la terre. En effet, depuis l’enfance, des éléments de discrimination de sexe sont véhiculés à travers des faits sociologiques systématisés par des paroles telles

–       « C’est le garçon qui accompagne son père au champ » ;

–       « Un garçon ne doit pas avoir peur » ;

–       « Je sors, je te confie la maison, prend soins de tes sœurs et frères » ;

–       « Au champ, les garçons travaillent avec leur père et les filles avec leur mère »

Continuant dans cette idéologie, les femmes restent et demeurent marginalisées. La tradition tolère leur exclusion de l’héritage des terres de leurs époux et parents même si des lois leur donnent le droit. L’analphabétisme et la méconnaissance par les deux sexes des textes et lois relatifs aux droits de la femme en sont pour quelque chose dans cette inégalité.

Nos espoirs pour un monde meilleur et égalitaire

L’accès à la terre, autant pour l’homme que pour la femme, revêt des attributs sécuritaires permettant à chaque acteur d’investir dans la production en toute quiétude. Alors communiquons et diffusons des informations sur les droits de la femme à la terre pour réveiller la conscience de nos  dirigeants. Que nous soyons jeunes, décideurs, acteurs de la société civile, nous devons œuvrer pour un accroissement du pouvoir d’achat de la femme dans le ménage.

Le renforcement des capacités des acteurs clés tels  les élus locaux, les tribunaux de conciliation, les responsables des brigades de gendarmerie, les associations de femmes et d’hommes, les ONG et les services étatiques sur les lois et les textes favorisant l’accès des femmes à la terre tels que

–       Charte des Nations Unies et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme,

–       Pacte international relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels,

–       Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes

–       Plate forme d’action de Beijing sur les droits de la femme

–       Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux droits des femmes en Afrique

Ma propre conviction est que la femme peut mieux faire que les hommes. Aidons-la !

Source Photo: http://blog.slateafrique.com

Romuald DJEGBENOU

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